voici l'article du site officiel de EAG !
De Guingamp à Buenos Aires, entretien exclusif avec Jeremias Caggiano
par Amaury
A l'occasion d'un séjour à Buenos Aires, Alain, supporter d'En Avant, a rencontré pour eaguingamp.com le buteur argentin Jeremias Caggiano. Quelques semaines après son prêt à Estudiantes La Plata, qu'est devenu le talentueux avant-centre? Premier volet d'une interview exclusive réalisée le 2 novembre dernier, juste avant le derby de La Plata contre le Gimnasia.
Première partie (1/3)
Après ton départ de Guingamp il y a 3 mois, où en es-tu ?
Mon retour en Argentine n'a pas été facile car je suis arrivé ici blessé alors que la saison est largement entamée. La phase des matches allers est presque achevée, on appelle cela le tournoi Apertura, la phase d'ouverture, d'août à décembre, tandis que les matches retours constituent le tournoi dit de Clôture (Clausura, de février à juin). Il y a donc deux champions par saison. Les promotions et les relégations n'ont lieu qu'en juin, à l'issue du tournoi de clôture. Autre subtilité du championnat argentin, les relégations se jouent sur trois saisons. Estudiantes, un des grands clubs de Buenos Aires (le stade contient 35 000 places), a gagné le championnat Apertura l'année dernière en 2006 (www.clubestudianteslp.com.ar). La concurrence est rude ici à La Plata. Dans cette ville de 700 000 habitants éloignée d'une petite centaine de kilomètres de Buenos Aires, il y a deux clubs Estudiantes et Gimnasia et les derbys sont très disputés comme dans tous les pays du monde d'ailleurs. Dimanche, le match se jouera à guichets fermés et le match est considéré comme un match à risques, il y aura un millier de policiers pour canaliser l'ardeur des « hinchas », les supporters des 2 clubs.
Jeunes supporters de River Plate, un des clubs de Buenos Aires
Le club semble végéter dans la deuxième moitié du tableau ?
Oui c'est vrai, on a eu du mal à débuter la saison. Mais on vient de réaliser une bonne série qui nous permet de voir venir : une victoire et trois nuls, contre Tigre, un des clubs qui créent la surprise cette année et Boca Juniors.
C'est pourtant un des grands clubs de Buenos Aires?
Estudiantes est un club qui a une riche histoire. L'équipe possède un palmarès impressionnant, c'est la première équipe d'Amérique du Sud à avoir remporté 3 coupes Libertadores consécutives en 1968, 1969 et 1970. C'est l'équivalent de la Ligue des Champions. La victoire en Coupe Intercontinentale en 1968 contre le Manchester United de Georges Best est restée dans toutes les mémoires et efface les deux défaites contre Milan AC et Feyenoord Rotterdam.
Quelle est ta trajectoire personnelle ?
Petit-fils d'immigrants italiens, mes parents habitent à Mar Del Plata, mon père est fonctionnaire. La ville de mes grands-parents s'appelle Caggiano d'ailleurs, au sud de Naples en Campanie. J'ai vécu toute ma jeunesse dans la plus populaire des stations balnéaires d'Argentine à 400 kms de Buenos Aires loin de l'agitation de la capitale. J'ai obtenu mon baccalauréat et je me suis inscrit en Fac de droit. Mais très vite j'ai dû renoncer car j'avais signé mon premier contrat avec Independiente.
(Mar del Plata est la ville où la France a joué 2 matches de la Coupe du Monde 1978 en particulier la rencontre fameuse contre la Hongrie où l'on a attendu une heure pour trouver des maillots, la France jouant en rayé vert)
Ensuite, à partir de 14 ans, j'ai été repéré par les clubs de la capitale : Independiente où j'ai signé en 2001 puis Huracan en 2004 (un des 3 ou 4 grands clubs de Buenos Aires).
Pour quelles raisons es-tu parti de Guingamp ?
Je voulais partir pour avoir du temps de jeu. C'est le cas ici mais avec le changement d'entraîneur à Guingamp, je ne sais pas si j'ai pris la bonne décision.
Quel rôle a joué Nestor Fabbri dans ta carrière ?
C'est lui qui m'a fait venir à Guingamp, il m'a parlé du club, de son histoire, de son expérience de fin de carrière avec Drogba et Malouda, de cette saison mémorable 2002-2003.
Nestor Fabbri sous le maillot guingampais en 2002-2003
Il savait de quoi il parlait lui qui était dans le groupe qui a perdu la finale de la Coupe du Monde en Italie en 1990 avec Maradona. C'est un type formidable tellement chaleureux, disponible. Il m'appelle souvent pour voir où j'en suis, je suis sûr qu'il saura me conseiller pour la suite de ma carrière. Il vient souvent en Europe. Il est en contact avec les dirigeants de Guingamp. C'est un mec sympa, un vrai gentleman.
Nestor Fabbri sous le maillot de Boca Juniors
A Buenos Aires, il est considéré comme un grand joueur, notamment à cause de son passage à Boca Juniors, le club des quartiers populaires. C'est un grand Monsieur.
La Bombonera le stade de Boca Juniors

